Risque de conduites suicidaires et utilisation des benzodiazépines

Bien que couramment utilisées pour traiter des troubles ou symptômes associés au risque suicidaire, les benzodiazépines seraient suspectées d’augmenter le risque d’idées ou de conduites suicidaires. Une association existe-t-elle entre exposition aux benzodiazépines et risque de tentative de suicide ou de décès par suicide ?

Les médicaments de la classe des benzodiazépines et leurs apparentés ont une association encore incertaine avec les idées et conduites suicidaires. D’une part, ils sont couramment utilisés dans cette indication ou pour traiter des symptômes connus pour augmenter le risque suicidaire, comme l’insomnie, afin d’apaiser les souffrances qui provoquent ou découlent des idées suicidaires. D’autre part, ils sont suspectés d’augmenter le risque d’idées ou conduites suicidaires.

Les mécanismes d’une telle association, si elle existe, ne sont pas élucidés. En effet, la modélisation du processus suicidaire, comme un continuum allant des idées passagères à l’acte suicidaire décidé et planifié, est complexe ; les facteurs de risque des différentes étapes sont souvent différents et parfois opposés, supposant des mécanismes différents. Plusieurs pistes concernant un lien causal sont évoquées que ce lien soit direct (désinhibition comportementale, perturbations cognitives entravant le jugement, comportement dissociatif, parasomnie) et/ou indirect (dépression, rebond d’insomnie ou d’anxiété). Ce lien pourrait ainsi exister à court terme (dissociation, désinhibition) ou à long terme (effets cognitifs, dépression) avec des mécanismes potentiels distincts. L’objectif de cette étude sera d’évaluer l’association entre un traitement par benzodiazépines et les conduites suicidaires (suicide et tentative de suicide) à court terme, dans deux populations : chez des sujets sans antécédent de tentative de suicide, et chez des patients actuellement traités pour un trouble psychiatrique.


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