Neuroleptiques antiémétiques et risque de primo-accident vasculaire cérébral ischémique

Le risque d’AVC ischémique lié aux neuroleptiques indiqués en psychiatrie est bien connu, augmente avec l’âge et l’existence d’une démence. Qu’en est-il pour d’autres médicaments antidopaminergiques très utilisés en population générale, tels que les neuroleptiques antiémétiques ?

Les neuroleptiques désignent une classe pharmacologique définie par un antagonisme des récepteurs dopaminergiques D2. Le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique lié aux neuroleptiques indiqués en psychiatrie est bien connu : le risque a été démontré pour l’ensemble des neuroleptiques, conventionnels comme atypiques, quelle que soit l’indication du traitement et augmente avec l’âge et l’existence d’une démence. Le mécanisme de la survenue de cet effet n’est pas élucidé, mais pourrait être en lien avec les propriétés antidopaminergiques des neuroleptiques. Il existe d’autres médicaments dont la propriété pharmacologique principale est aussi un antagonisme des récepteurs D2, et qui sont donc stricto sensu des neuroleptiques. Parmi ces antidopaminergiques figurent les antiémétiques, largement utilisés dans la population : en 2017, la prévalence de consommation du plus utilisé d’entre eux, la métopimazine, était de 6,9 % (4,4 millions de consommants, dont 644 000 sujets âgés de 60 ans et plus) (source OpenMedic).

Aucune étude évaluant le risque d’accident vasculaire cérébral ischémique associé à une exposition aux neuroleptiques antiémétiques n’a été publiée à ce jour. Compte-tenu de la fréquence d’utilisation de ces médicaments et du risque potentiel, en particulier chez les personnes âgées et chez les personnes âgées démentes, une étude sur ce sujet apparait importante.

L’objectif principal de ce projet sera d’étudier l’association entre la prise de neuroleptiques indiqués comme antiémétiques et la survenue d’une hospitalisation pour un premier épisode d’accident vasculaire cérébral ischémique chez l’adulte. Les objectifs secondaires seront d’étudier s’il existe une variation de l’association selon certaines caractéristiques comme l’âge, le sexe, ou l’existence d’une démence. Cette étude sera réalisée sur la base exhaustive du SNDS selon un schéma d’analyse  de type case-time-control.



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