Risque de traumatisme avec les médicaments antihistaminiques ou anticholinergiques

Les médicaments antihistaminiques H1 ou anticholinergiques peuvent induire des effets centraux à type de sédation, confusion ou vertiges pouvant être à l’origine de chutes et d’autres traumatismes. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’association entre l’hospitalisation pour traumatisme et l’exposition aux médicaments antihistaminiques H1 ou anticholinergiques.

Les traumatismes d’origine accidentelle (accidents de la route, noyades, chutes, brûlures) sont une cause de mortalité importante : en 2012, les accidents de la route étaient la 9ème cause de mortalité dans le monde et les chutes occupaient la 21ème place de ce classement [1]. Les causes de décès par traumatisme varient considérablement en fonction de l’âge : si les accidents de la route sont la principale cause de décès par traumatisme chez les adultes jeunes, cette place est occupée par les chutes chez les personnes âgées (12ème cause de décès dans le monde chez les sujets de 70 ans et plus en 2012). Au-delà des décès qu’ils peuvent entraîner, les traumatismes sont également à l’origine d’hospitalisations, de consultations dans les services d’urgences et cabinets médicaux et également, d’incapacité temporaire ou permanente, liées à leurs conséquences physiques directes ou à leurs autres conséquences sur la santé des patients. 

Les médicaments, par des mécanismes impliquant essentiellement les systèmes nerveux (troubles de la vigilance, confusion, vertiges, troubles de l’équilibre, etc.) ou cardiovasculaires (hypotension, troubles du rythme et de la conduction, etc.), peuvent être facteurs de risque de traumatismes. Si le rôle des principaux médicaments psychotropes dans la survenue d’accidents de la route et de chutes a été largement étudié, la littérature est en revanche limitée concernant l’évaluation de ces risques en relation avec l’utilisation d’autres médicaments ayant des effets sur le système nerveux central (SNC). En particulier, l’effet potentiel des antihistaminiques H1 et des médicaments anticholinergiques sur le risque de traumatisme est moins bien documenté. 

Compte tenu de la morbi-mortalité liée aux traumatismes, de la prévalence élevée d’utilisation des antihistaminiques H1 et de la variété des médicaments ayant des propriétés anticholinergiques, pour la plupart sans rapport direct avec leur utilisation en clinique et de ce fait souvent méconnues des prescripteurs, il apparaissait important d’évaluer le risque d’hospitalisation pour traumatisme lié à l’emploi de ces deux classes de médicaments, en considérant le pouvoir sédatif des uns et le « potentiel » anticholinergique des autres.


Valorisation de la recherche

 

 

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