Grossesse et utilisation des antidépresseurs : étude analytique

Initier, interrompre ou modifier un antidépresseur pendant la grossesse nécessite d’évaluer, pour la mère et l’enfant à naître, les risques associés au traitement et ceux associés à une dépression non traitée. Dans ce contexte difficile, comment les traitements antidépresseurs sont-ils gérés dans la pratique clinique ?

De précédents travaux de recherche sur l’utilisation des antidépresseurs chez la femme enceinte ont été menés ; les principaux résultats et conclusions étaient les suivants (Bénard-Laribière A, et al. Br J Clin Pharmacol 2018) : en France, en 2014, la fréquence d’exposition aux antidépresseurs au cours de la grossesse était de l’ordre de 2,6 %, comparable aux fréquences observées dans la plupart des autres pays d’Europe. La proportion de femmes ayant interrompu le traitement avant la grossesse ou au cours du premier trimestre était importante. La grossesse paraissait ainsi avoir été anticipée ou envisagée seulement après qu’un traitement antidépresseur ait été mené à terme chez la plupart des femmes exposées au cours de l’année précédant la grossesse.
Bien que ces pratiques soient en accord avec les recommandations internationales pointant le désir de grossesse ou la découverte d’une grossesse comme des situations nécessitant de réévaluer la pertinence d’un traitement antidépresseur, la fréquence élevée de ces interruptions de traitement interrogeait sur la nécessité de ces traitements. Soit ils pouvaient être arrêtés avec peu de risque pour la maladie, et étaient ainsi non justifiés (du moins en partie), soit ils étaient arrêtés malgré un risque de rechute. La part des traitements interrompus par les patientes de leur propre initiative en l’absence de toute recommandation médicale ne pouvait être estimée sur la base de ces données. Le traitement, quand il était poursuivi, était le plus souvent adapté dans la période péri-conceptionnelle ou au cours du premier trimestre témoignant d’une bonne prise en compte d’un désir ou d’un début de grossesse. Dans la très grande majorité des cas, les médicaments antidépresseurs identifiés correspondaient à ceux préconisés par les recommandations actuelles (inhibiteurs du recaptage de la sérotonine (IRS) et en particulier la sertraline dans le cadre des traitements à initier durant la grossesse). Certaines situations sortaient cependant de ce cadre : les places de la paroxétine ou de l’amitriptyline semblaient importantes au regard de ces recommandations ; l’association IRS-imipraminiques, une des plus fréquemment retrouvées dans l’étude, est contre-indiquée par le National Institute for Health and Care Excellence (NICE) et fait l’objet d’une précaution d’emploi en raison d’un risque d’interaction avec surdosage de la part de l’ANSM.

Cette nouvelle étude quantifie l’effet de la grossesse sur la poursuite du traitement antidépresseur : l’objectif était d’estimer l’impact de la grossesse sur la prise en charge des femmes traitées par antidépresseurs, en comparant les arrêts et modifications de traitement chez des femmes enceintes exposées aux antidépresseurs aux arrêts et modifications de traitement observés chez des femmes non enceintes et également traitées par antidépresseurs.


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