Mode d’entrée des assurés sociaux en polymédication

La polymédication, terme désignant l’utilisation de nombreux médicaments, peut être décrite en utilisant des bases de données de remboursement de soins. L’objectif principal était de décrire la polymédication chronique et les médicaments impliqués en France, selon l’âge et le sexe.

L’Organisation Mondiale de la Santé définit la polymédication comme « l’administration de nombreux médicaments de façon simultanée ou l’administration d’un nombre excessif de médicaments ». De cette définition découle la notion d’un surnombre de médicaments. Cependant, elle n’apporte pas de précision quant à un nombre seuil de médicaments à partir duquel on peut considérer une situation de polymédication et il n’existe, à l’heure actuelle, aucun consensus à ce sujet. De plus, au nombre de médicaments utilisés, s’ajoute différentes notions de fenêtre de temps ou de période de traitement permettant des définitions différentes d’administration simultanée de médicaments.

La polymédication peut être associée à un risque accru d’effets indésirables, d’interactions médicamenteuses, de chutes, d’hospitalisations et même de décès. De plus la polymédication est susceptible d’allonger les séjours hospitaliers ou encore d’abaisser l’observance des patients à leur traitement notamment chez les personnes âgées. Outre ces conséquences sanitaires, la polymédication pose également des problèmes économiques, davantage en lien avec les dépenses liées aux complications associées à la polymédication, telles que les hospitalisations ou l’augmentation de la durée du séjour à l’hôpital, qu’avec le coût de l’utilisation de nombreux médicaments.

Par conséquent, la polymédication représente un problème de santé publique majeur d’autant plus qu’elle tend à augmenter à travers le monde. Les personnes âgées sont particulièrement concernées par la polymédication cependant d’autres catégories de patients peuvent être touchées par cette condition, telle que les adultes de moins de 65 ans ou les sujets concernés par des pathologies spécifiques. De même, sa fréquence dans la population générale peut varier en fonction du sexe ou de la catégorie socio-professionnelle. Une description de la polymédication apparait donc nécessaire dans l’ensemble de la population française. Les pathologies sont de plus en plus fréquemment chroniques et nécessitent des traitements sur le long terme. De ce fait, la polymédication chronique est la plus importante à décrire.


Valorisation de la recherche

Avertissement : Le contenu de la publication n’engage que ses auteurs et ne reflète pas nécessairement la position de l’ANSM