Benzodiazépines et dépendance aux activités de base de la vie quotidienne

En raison de leur large prescription en population âgée et des risques particuliers dans cette population, les benzodiazépines pourraient être associées à un risque accru de perte d’autonomie dans cette population, via des mécanismes d’origine à la fois physique et cognitive.

Les benzodiazépines sont des médicaments psychotropes possédant des propriétés anxiolytiques, hypnotiques, anticonvulsivantes et myorelaxantes. En raison des phénomènes de tolérance et de dépendance liés à l’usage de ces médicaments, il existe des règles strictes de prescription. Malgré ces règles et de nombreuses recommandations afin d’encadrer et de limiter leur prescription, ces médicaments restent très largement utilisés en France, notamment chez les personnes âgées où la prévalence d’utilisation atteint environ un tiers des 80 ans et plus. Pourtant, ces médicaments majorent les risques de chutes et de fractures, de troubles du comportement et de déclin cognitif, particulièrement chez les personnes âgées en raison d’une élimination ralentie conduisant à une accumulation dans l’organisme. Malgré les recommandations pour l’utilisation de posologies réduites et de benzodiazépines à demi-vie courte dans cette population, les données montrent qu’en 2015, le bromazépam, une benzodiazépine à demi-vie longue (≥ 20 heures), figurait encore parmi les benzodiazépines les plus prescrites chez les personnes âgées.

L’objectif de ce projet est d’étudier les relations entre consommation de benzodiazépines et dépendance aux activités de base de la vie quotidienne (ADL) chez les personnes âgées, à partir des données de l’Echantillon Généraliste de Bénéficiaires (EGB).

Dans l’EGB, la dépendance est détectée au moyen d’un algorithme ad hoc d’identification dans les bases de données de l’Assurance Maladie des personnes âgées présentant une dépendance pour les activités de base de la vie quotidienne. Les relations entre benzodiazépines et dépendance sont ensuite analysées selon l’ancienneté et la fréquence de prescription, ainsi que selon le type de molécule (anxiolytique / hypnotique, demi-vie courte / longue). Des analyses transversales et longitudinales sont réalisées, en tenant compte de l’âge, du sexe et de la présence de comorbidités.


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