Risque de troubles endocriniens et statines

La ré-analyse des données des essais cliniques ayant évalué l’efficacité des statines a montré une augmentation de la survenue de diabète avec cette classe médicamenteuse qui pourrait être lié à une diminution, à la fois, de la sensibilité à l’insuline et de la sécrétion d’insuline. De plus, en inhibant la synthèse du cholestérol, élément impliqué dans la production de nombreuses hormones, les statines pourrait avoir un rôle potentiel de perturbateur endocrinien.

Depuis quelques années la ré-analyse des données des essais cliniques pilotes ayant évalué l’efficacité des statines a montré une augmentation de 9 à 18 % du risque de survenue de diabète de type 2 avec cette classe médicamenteuse. Le mécanisme n’est pas clairement établi mais il semblerait que l’inhibition de l’hydroxyméthylglutaryl-coA (HMG-CoA) réductase puisse diminuer, à la fois, la sensibilité à l’insuline et la sécrétion d’insuline. Ces estimations du risque provenant de ré-analyses d’essais cliniques réalisés dans des conditions expérimentales optimisées et dans un objectif d’évaluation de l’efficacité des statines en terme de prévention cardiovasculaire, pourraient être éloignées du risque en situation réelle de soin. Par ailleurs, une relation effet-dose et notamment un effet cumulatif serait également à évaluer car peu étudiée dans ces analyses.

Par ailleurs, en inhibant la synthèse du cholestérol, élément impliqué dans la production de nombreuses hormones, les statines pourrait également avoir un rôle potentiel de perturbateur endocrinien qui mérite d’être exploré. Cette inhibition pourrait notamment être responsable d’une dérégulation de la synthèse des hormones stéroïdiennes et ainsi provoquer une insuffisance surrénalienne secondaire, pathologie qui touche 150 à 280 patients par million d’habitants. Bien que l’activité de la HMG CoA réductase ne semble pas être majoritaire dans ce processus, des expérimentations in vitro et chez les rongeurs ont montré que l’inhibition de cette enzyme pourrait être associée à une baisse de la capacité de synthèse des hormones stéroïdiennes par les surrénales et notamment en cas de réduction importante du LDL-cholestérol. Quelques études réalisées sur de petits échantillons de patients traités par statines ne montraient pas, quant à elles, d’effet immédiat sur la synthèse des hormones stéroïdiennes. Cependant, les effets cumulés et à long terme de ces traitements sur ce risque restent à estimer et ce d’autant plus que le nombre de patients traités par cette classe médicamenteuse est important.

Dans ce contexte, les objectifs de cette étude étaient d’évaluer à partir des données de l’Echantillon Généraliste de Bénéficiaires (EGB) de l’Assurance Maladie, l’association entre l’exposition aux statines et la survenu de deux troubles endocriniens : le diabète et l’insuffisance surrénale.


Valorisation de la recherche